Anonim

L'étude ajoute non seulement au débat sur le lien entre le calcium et le cancer, mais indique également que la consommation de fibres, souvent associée à une diminution du risque de cancer colorectal, peut ne pas offrir d'effets protecteurs.

Des essais cliniques randomisés antérieurs avaient révélé un lien inverse entre les suppléments de calcium et le risque de cancer colorectal, mais la situation reste controversée. En effet, des études portant sur les effets du calcium et de la vitamine D sur le risque et l’incidence du cancer, notamment le WHI ( New England Journal of Medicine , vol. 354, p. 684-696) et le Nurses 'Health Study ( Biomarqueurs d'épidémiologie du cancer 2004, vol. 13, p. 1502-1508) n'ont signalé aucun bénéfice potentiel.

Les résultats de l'étude sur la santé des femmes de Shanghai, publiée dans l' International Journal of Cancer (Vol. 119, pages 2938-2942), indiquent que parmi les 73 314 femmes (moyenne d'âge 55 ans), celles qui avaient l'apport quotidien en calcium le plus élevé avaient un risque significativement réduit de cancer du côlon ou du rectum par rapport aux femmes dont les apports quotidiens étaient les plus faibles.

Les apports alimentaires de 77 produits alimentaires, couvrant 90% des aliments couramment consommés, ont été évalués à l'aide d'un questionnaire de fréquence alimentaire validé. Les apports en nutriments calcium, vitamines A, B1, B2, B3, C et E, carotène et fibres ont été calculés en conséquence.

Après 5, 74 années de suivi, 129 cas de cancer du côlon et 91 cas de cancer du rectum ont été enregistrés. Les chercheurs, dirigés par Wei Zheng de la faculté de médecine de l'Université Vanderbilt, ont indiqué que le risque relatif de cancer colorectal pour le groupe à apport de calcium élevé était inférieur de 40% à celui du groupe à apport faible.

Les chercheurs n'ont calculé aucune relation statistiquement significative entre les autres nutriments et le cancer colorectal.

Le mécanisme potentiel n’a pas été évalué dans cette étude, mais les chercheurs ont noté que des recherches antérieures avaient associé le calcium à divers effets inhibiteurs du cancer, notamment la liaison aux acides biliaires cancérogènes, ainsi qu’à la différenciation et à l’arrêt de la croissance des cellules dans le côlon.

"Un apport élevé en calcium est associé à une réduction du risque de cancer colorectal dans une cohorte de femmes chinoises dont la consommation alimentaire en calcium est inférieure à celle des populations occidentales", ont conclu les chercheurs.

Le principal atout de l’étude est le suivi d’un large échantillon dans une population en liberté.

L’étude présente plusieurs limites, à savoir l’utilisation de FFQ qui reposent sur le rappel des participants et peuvent affecter les liens entre l’apport en nutriments et le risque de cancer.

Une autre limitation est la longue période de latence du colorectal. Aucun des participants n’avait un cancer colorectal au départ et il faut noter que la période de latence du cancer est comprise entre 10 et 20 ans.